Un peu de ton regard
Une froideur de passage
Ton côté débrouillard
J’ai pris de tes manies
A vouloir toujours plus
Tu m’as donné la vie
Et je suis là, sans plus
J’ai pris de ta pudeur
Un peu de ton sourire
Tu m’as donné ton cœur
J’essaie de m’en sortir
J’aurais voulu qu’tu m’donnes
Ta force inexplicable
Mais ce soir je m’étonne
D’être si peu fiable
J’aurais voulu qu’tu m’donnes
Ton art de protéger
Mais ce soir je m’étonne
D’être désabusée
J’aurais voulu qu’tu m’donnes
Ton immense courage
Que ta force résonne
Dans mes plus beaux naufrages
Comment tu as fait, maman
Pour regarder devant toi
Est ce machinalement
Qu’on laisse derrière soi
Comment tu as fait, maman
Pour te relever chaque fois
Est ce qu’avec le temps
Ça s’apprend ou bien pas
J’voudrais que tu m’racontes
Comment tu étais, déjà
A mon âge et sans honte
J’voudrais qu’tu m’offres ça
Partage tes blessures
Parle-moi de ta vie
Offre-moi tes fissures
Et j’avancerai, promis
Puis prends-moi dans tes bras
Et que le temps s’arrête
Je n’te demande que ça
Partage tes défaites
Comment tu as fait, maman
Pour regarder devant toi
Est ce machinalement
Qu’on laisse derrière soi
Comment tu as fait, maman
Pour te relever chaque fois
Est ce qu’avec le temps
Ça s’apprend ou bien pas
J’ai pris de ton visage
Un peu de ton regard
Une froideur de passage
Ton côté débrouillard
J’ai pris de tes non-dits
Et de ton exigence
Le refus du conflit
La peur de faire confiance
J’ai pris de tes angoisses
Et de tes habitudes
Un peu de tes audaces
Et quelques certitudes
Comment tu as fait, maman
Pour regarder devant toi
Est ce machinalement
Qu’on laisse derrière soi
Comment tu as fait, maman
Pour te relever chaque fois
Est ce qu’avec le temps
Ça s’apprend ou bien pas
J’aurais voulu qu’tu m’donnes
Un peu de ton passé
Celui que tu emprisonnes
Depuis tant d’années
Stéphanie Blanchoud - Janvier 2005






